L'âne à chroniques

Un ZEF de diversité

Sous l’impulsion de sa directrice, Francesca Poloniato, qui n’aura pas peu fait depuis son arrivée pour interroger et s’interroger sur les diversités, le ZEF propose, demain, une série de tables rondes.

Comme une espèce de méchante pandémie s’est abattue sur la planète et a même réussi à gagner les côtes phocéennes, ce rendez-vous construit avec l’Observatoire des politiques culturelles, qui au passage fête ses 30 ans d’existence, ne sera pas accessible aux publics.

Pour autant, celles et ceux qui ont ou auront envie de suivre les débats le pourront en se rendant sur les espaces en ligne du ZEF.

Autour des tables, rondes comme il se doit, sont invité-es la philosophie, les arts, la politique… Toutes disciplines incarnées par des invité-es qui auront sans doute beaucoup à partager.

Parmi les thèmes au menu, Francesca Poloniato et son équipe ont voulu consacrer un temps spécifique à une question, manifestement, au cœur de leurs actions et préoccupations : comment conjuguer citoyenneté et culture? Sous titrant l’énoncé pour la clarté des débats et de l’engagement pris à l’endroit des auditrices et auditeurs : Impliquer des jeunes, des habitants, dans des démarches artistiques qui sont aussi des expériences de vie, et contribuer à la vie de la Cité.

Dans cette perspective, c’est l’emblématique toulousain Salah Amokrane, coordinateur général de l’association Tactikollectif, qui s’y collera.

L’illustrissime revue toulousaine Origines Contrôlées

Nul doute que les réponses apportées par l’ancien conseiller municipal Motivé-es, engagé depuis 30 ans avec les Zebda et producteur en son temps de l’illustrissime revue Origines Contrôlées (dont SUDMAG a l’insigne privilège de disposer des 3 parutions papier), seront frappées au coin de l’empirisme actif.

Petite absence…

Comme la perfection n’est pas de ce monde, les rencontres soulèvent, malgré tout le bien que l’on en attend, un tout petit regret. Hormis la puissance invitante elle-même, pas d’autres acteurs associatifs provençaux pour porter les paroles diverses.

Et notamment du territoire d’implantation de la scène nationale. Le ZEF, ou tout du moins le théâtre du Merlan qui en est une des composantes, est un lieu extrêmement symbolique.

Ce théâtre jouxte un commissariat en sous-sol. Il embrasse sur la bouche une bibliothèque secrète. Il s’élance au bout d’un parking de centre commercial. Il règne comme un îlot de mots et d’images au-dessus des voies de la L2 qui crache et recrache ses fumées d’échappement aux nez des habitant-es des cités qu’elle déchire.

En introduction, une vérité qui, si elle peut faire grincer quelques dents, n’en demeure pas moins une réalité : Marseille porte l’imaginaire d’une ville cosmopolite et le mythe d’un laboratoire du vivre-ensemble…

Et effectivement, la capitale régionale vit de, par et dans cette tension permanente : une réalité cosmopolite qui nourrit le mythe du vivre ensemble. Ainsi, et comme l’exprime lucidement l’énoncé du l’une des questions posées : Comment les “noyaux villageois” de Marseille, ses quartiers populaires, conjuguent-ils reconnaissance de la diversité et unité de la cité ?

Une actrice de terrain…

Fleurs de béton…

C’est dans cette perspective que l’absence d’autres acteurs du territoire et d’ailleurs se fait criante.

En effet, le théâtre est situé sur cet espace où, traversant une avenue (Ansaldi) l’on passe de l’habitat vertical dégradé et négligé par toutes les puissances politiques et publiques à un enchevêtrement de ruelles étroites où se blottissent bastides et pavillons qui ploient sous les bougainvilliers violets et les mimosas jaunes.

On aurait ainsi pu faire appel à une personnalité connue des équipes du Merlan et qui coche toutes les cases des questions portées par ces tables rondes : Céline Burgos.

Habitante de Picon, cité qui se dresse face au théâtre , militante associative de toute éternité, cette aide soignante connait particulièrement bien les questions de culture, de diversité et de paroles cernées et invisibilisées.

Elle a, en outre, été une comédienne convaincante de la pièce « Nous sommes toutes des Reines », mise en scène par Carole Errante et donnée au Merlan en 2015…

Traverses en manque de transverse…

L’écrivain Thierry Jonquet titrait son denier roman : Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte. Empruntant le vers au poème de Victor Hugo : À ceux qu’on foule aux pieds.

Et ce territoire, cet espace en est l’expression vivante. Des deux côtés de la rive asphaltée, les regards sont en coin et les idées reçues. Ainsi, l’absence d’habitant-es, de représentant-es de ces populations est un petit écueil pour que leur(s) parole(s) soie(nt) livré(es) sans filtre ni interprétation.

Gageons pourtant que les expériences et parcours personnels, humains, professionnels, associatifs de celles et ceux qui seront attablé-es irrigueront échanges et réflexions.

INFORMATIONS PRATIQUES
Mardi 9 mars 2021 à partir de 13h30
Débat public en direct sur le net : Pour un autre récit de la diversité

Le mode d’emploi proposé par LE ZEF
1 / Demain entre 13h30 et 13h45 : connectez-vous ici
2 / De 13h45 à 17h30 : suivez le direct et posez vos questions via la plateforme de tchat
3 / Ou visionnez la vidéo en rediffusion, lorsque vous le souhaitez.